Amsterdam

  • Encyclopédie de famille

Amsterdam, une des capitales du royaume des Pays-Bas, à l’embouchure de l’Ye, partagée par deux bras de l’Amstel et par plusieurs canaux en 90 îles, communiquant les unes avec les autres par 290 ponts, est bâtie en forme de croissant, sur pilotis. Ce n’était, au commencement du treizième siècle, qu’un village de pêcheurs, propriété des seigneurs van Amstel. En 1296 les Kennemers, ses voisins, l’attaquèrent, la dévastèrent, et en expulsèrent même une partie de la population. Plus tard, elle passa avec l’Amstelland sous l’autorité des comtes de Hollande, qui lui accordèrent de nombreux privilèges. Sa prospérité s’accrut, surtout après la révolution qui brisa le joug de l’Espagne sur ces contrées ; bientôt elle figura au premier rang des cités commerciales des Pays-Bas-Unis. Dès 1585, Anvers ayant été replacé sous l’autorité du roi d’Espagne, son commerce se transporta à Amsterdam ; il fallut agrandir cette ville, et on y comptait 100,000 habitants en 1622. En 1587 Leicester tenta de s’en emparer par trahison, et le prince d’Orange, Guillaume II, en 1650, par surprise. La prudence des bourgmestres déjoua ces tentatives. À la suite de la guerre que la Hollande soutint contre l’Angleterre au dix-septième siècle, le commerce d’Amsterdam déclina tellement qu’en 1653 on ne comptait pas dans la ville moins de quatre mille maisons vides ; mais il ne tarda pas à se relever.

Les bourgmestres d’Amsterdam jouissaient dans les états généraux d’une considération telle qu’ils purent pendant tout le dix-huitième siècle y lutter d’influence contre le stathouder héréditaire. Amsterdam était parvenue à un degré de richesse auquel aucune autre ville d’Europe n’avait alors rien à comparer. Son port était constamment encombré de vaisseaux. La guerre contre l’Angleterre en 1781 et 1782 lui fit éprouver de grandes pertes ; elle se releva, mais pour décliner à la suite de la formation de la république Batave. Le roi Louis Bonaparte s’efforça en vain de revivifier son commerce ; en 1808 il transféra même à Amsterdam le siège de son gouvernement. Le 13 décembre 1810 elle fut réunie à la France comme cheflieu du département du Zuyderzée, et déclarée troisième ville de l’Empire ; mais le blocus continental la ruinait. Ce ne fut qu’à partir de 1813 que le commerce reprit à Amsterdam une grande activité.

Amsterdam était jadis une place forte de premier rang, defendue par vingt-six bastions et par des ouvrages qu’on pouvait inonder a volonté. Cependant en 1787, après la prise des villages retranchés qui l’avoisinent, elle dut ouvrir ses portes à une armée prussienne assez peu nombreuse. Plus tard, la gelée étant venue solidifier la masse d’eau amenée autour de la ville, Pichegru put facilement s’en emparer le 19 janvier 1795.

Parmi les édifices publics, l’ancien hôtel de ville, construit de 1648 à 1655, sous la direction de l’architecte Jacob vau Kampen, est surtout célèbre. C’est dans les caves de cet édifice qu’est déposé le trésor de la banque. Le roi Louis Bonaparte y établit sa demeure, eu 1808 ; on y avait transféré précédemment le musée de la maison de Plaisance appelée le Bois. La salle du trône, qui fut alors construite pour approprier l’édifice à sa nouvelle destinât ion,est peut-être la plus belle qui existe en Europe. Quand le roi des PaysBas vient à Amsterdam, c’est là qu’il demeure. La population de cette ville est de 263,204 Habitants.