Mirage

  • Physique
  • Thillaye
  • Encyclopédie moderne

Mirage. Quelquefois il arrive qu’en regardant un objet éloigné, au lieu de l’apercevoir simple, on en voit distinctement deux images, l’une droite et l’autre renversée ; l’impression que l’on éprouve ressemble à celle qui a lieu lorsqu’étant placé sur le bord d’une eau stagnante, on distingue dans la profondeur de ce liquide une représentation des arbres ou autres corps placés dans son voisinage. Ce phénomène, que l’on a désigné sous le nom de mirage, ne se fait habituellement remarquer que dans certaines localités ; par exemple, à la surface de la mer, où les marins ont fréquemment l’occasion de l’observer, dans les plaines sablonneuses et arides de là Basse-Égypte, où l’armée française en fut tous les jours témoin en traversant le désert depuis Alexandrie jusqu’au Caire.

Quelque ancien que soit ce phénomène, il paraît n’avoir fixé qu’assez tard l’attention des physiciens : effectivement, jusqu’en 1797 on ne trouve à cet égard que des indications assez superficielles. A cette époque, M. Huddart entrevit bien la cause qui produit ces sortes d’illusions, mais il n’en expliqua point d’une manière satisfaisante les diverses apparences. Monge, dans un mémoire lu à l’Institut d’Égypte, non-seulement donna la première relation exacte du mirage, mais encore il en établit la théorie sur des bases certaines. A peu près dans le même temps, Wollaston, en Angleterre, s’occupant des mêmes recherches, fut conduit aux mêmes résultats et indiqua des moyens fort simples pour reproduire artificiellement, et à volonté, l’ensemble des particularités les plus remarquables de ce phénomène. Enfin, M. Biot, dans un savant travail, consigné dans les Mémoires de l’Institut, classe des sciences physiques et mathématiques, a épuisé toutes les ressources de l’analyse pour mettre en évidence les détails physiques et les conséquences théoriques de cette question importante de l’optique.