Ambulance

  • Encyclopédie de famille

Ambulance. Ce mot comprend les établissements temporaires et mobiles formés sur le champ de bataille, disposés de manière à suivre l’armée ou la division d’armée à laquelle ils appartiennent, et où sont transportés les blessés, afin de recevoir les premiers secours de la chirurgie. Les ambulances peuvent être regardées comme une création entièrement moderne. Chez les anciens les blessures ne consistaient qu’en plaies faites par des armes piquantes ou tranchantes, ou en des contusions plus ou moins étendues ; il ne fallait donc pour ainsi dire que des gens habitués à panser des plaies. Mais l’invention de la poudre à canon et les mutilations produites par les projectiles qu’elle met en mouvement rendirent la pratique de la chirurgie plus difficile, et les secours plus indispensables, afin de remédier aux lésions qui se multiplièrent durant les combats. Ce n’est qu’au temps de Henri IV que l’on trouve les premières traces de l’établissement régulier d’une chirurgie militaire ; cependant Ambroise Paré n’avait aucun grade dans l’armée. Sous Louis XIII un chirurgien-major fut attaché à chaque régiment ; on créa des ambulances fixes, et d’autres que Ton nomma ambulantes. La pesante organisation de ces dernières en fit pendant longtemps un objet d’ostentation et d’étalage bien plus qu’un moyen positif de soulagement et de salut. Ces lourdes masses ne s’approchaient jamais de la ligne de bataille et ne pouvaient donner que des secours tardifs. C’est de nos jours que ces créations ont été convenablement perfectionnées et mises en état d’effectuer tout le bien que l’on était en droit d’en attendre. On a créé deux espèces d’ambulances, que l’on a désignées sous les noms d’ambulance fixe ou de réserve, et d’ambulance légère ou volante. La première peut rester à quelque distance en arrière avec les trains d’équipages ; elle doit renfermer les objets nécessaires à l’approvisionnement de l’ambulance légère, et ceux dont il faudra se servir pour l’établissement des hôpitaux temporaires que les besoins obligent souvent de créer. La seconde, ou l’ambulance volante, doit suivre immédiatement les corps d’armée et contenir tout ce qui est nécessaire à la formation instantanée des ambulances proprement dites sur le champ de bataille.

Autrefois les chirurgiens, laissés en arrière, n’arrivaient souvent sur le terrain, avec ce qui. leur était nécessaire, que le lendemain du combat et même plus tard. Percy imagina de placer des chirurgiens, au nombre de six, sur une voiture trèslégère, analogue aux caissons d’artillerie connus sous le nom de wurtz, et formée d’une caisse peu profonde, peu large, mais fort allongée, qui reçoit dans ses compartiments les instruments de chirurgie, les appareils et les médicaments ; lorsqu’elle est fermée, elle présente une espèce de banquette où les jeunes chirurgiens s’asseyent l’un derrière l’autre. Leur chef est à cheval, pour pouvoir se détacher et aller reconnaître les points du champ de bataille où il est besoin de faire arriver des secours. Ce petit chariot, attelé de quatre chevaux, doit se porter avec une extrême rapidité partout où il est nécessaire de le conduire. Dans l’ambulance proposée par le baron Larrey, tous les chirurgiens sont à cheval ; ils ont à l’arçon de la selle, et dans une valise, des moyens de pansement abondants ; ils portent dans une petite giberne leurs instruments les plus usuels, les plus indispensables. À leur suite marche un nombre relatif de petits caissons à deux roues, attelés de deux chevaux, où peuvent être placés commodément un ou deux blessés, et qui, dans les circonstances ordinaires, portent le matériel de l’ambulance. Ce moyen de secours offre l’avantage de se diviser et subdiviser de la manière la plus commode ; ce que l’on en détache peut se rejoindre promptement et sans peine. Dans les guerres de montagne, les chevaux et les mulets de bât remplacent les caissons. Il faut entasser dans les paniers recouverts de cuir, dont les chevaux sont chargés, des caisses de linge, d’instruments et de médicaments. Les guerres sont devenues si meurtrières que les secours aux blessés sont toujours insuffisants après une grande bataille.

Une convention internationale, signée à Genève, par la France et plusieurs puissances, le 22 août 1864, a reconnu comme neutres les ambulances et les hôpitaux militaires ; leur personnel participera au bénéfice de la neutralité, et les ambulances occupées par l’ennemi conserveront leur matériel.