Beurre

  • Dictionnaire infernal

Beurre. On croit dans plusieurs villages empêcher le beurre de se faire en récitant à rebours le psaume Nolite fieri[1]. Bodin ajoute que, par un effet d’antipathie naturelle, on obtient le rpême résultat en mettant un peu de sucre dans là crème ; et il conte qu’étant à Chelles, en Valois, il vit une chambrière qui voulait faire fouetter un petit laquais, parce qu’il l’avait tellement maléficiée en récitant à rebours le psaume cité, que depuis le matin elle ne pouvait faire son beurre. Le laquais récita alors naturellement le psaume, et le beurre se fit[2].

Dans le Finistère, dit-on, l’on ensorcelle encore le beurre. On croit aussi dans ce pays que si l’on offre du beurre à saint Hervé, les bestiaux qui ont fourni la crème n’ont rien à craindre des loups, parce que ce saint, étant aveugle, se faisait guider par un loup[3].

1. ↑

Thiers, Traité des superstitions, t. Ier. Il n’y a pas de psaume Nolite fieri. Ce n’est qu’une division du psaume 31.

2. ↑

Démonomanie des sorciers, liv, II, ch. i.

3. ↑

Cambry, Voyage dans le Finistère, t. I, p. 14 et 15.